Zéro Déchet Troyes
Lettre aux candidat.e.s
Lettre pour interpeller les futur‧e‧s député‧e‧s sur les enjeux environnementaux
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La crise sanitaire, puis le déclenchement de la guerre en Ukraine ont montré une fois de plus les failles du modèle agro-alimentaire dominant en France :
➡️ peu rémunérateur pour les agriculteurs et agricultrices ;
➡️ dépendant des importations (pesticides chimiques, engrais de synthèse fabriqués à partir de gaz, pétrole pour ses machines, céréales et oléagineux pour l’alimentation animale, robotique) ;
➡️ émetteur de gaz à effet de serre (du fait de l’usage de pesticides et d’engrais de synthèse, des effluents d’élevage, des longues chaines logistiques pour le transport, et émissions de méthane des bovins…) ;
➡️ peu résilient face aux premiers effets du dérèglement climatique (inondations, sécheresses, perturbation des biotopes) ;
➡️ accélérateur de l’érosion de la biodiversité (le changement d’affectation des sols est la première cause d’érosion de la biodiversité, malgré tous les bénéfices apportés par certains modes d’élevage) ;
➡️ dépendant de molécules dangereuses pour la biodiversité et la santé (pesticides de synthèse, perturbateurs endocriniens, antibiorésistance…) ;
➡️ et ne garantissant pas à toutes et tous une alimentation de qualité, ni en France, ni dans le reste du Monde.
D’autres modèles agricoles comme l’agriculture biologique et l’agroécologie, permettent de remédier à plusieurs de ces problématiques.
👉 Aux échelles nationale et locale, nos politiques publiques doivent faire en sorte d’accompagner les évolutions du système agricole et alimentaire pour qu’elles soient accessibles financièrement, équitables pour les producteurs, et choisies démocratiquement.
Bien qu’étant des représentants nationaux, les députés sont tout·es issu·es d’un territoire spécifique. Il est donc intéressant de faire des liens avec des situations ou enjeux locaux pour les faire ensuite se positionner sur les principaux enjeux soulevés par le contexte agricole et alimentaire en France :
Ces questions permettent ensuite d’interroger les candidat·es :
➡️ sur leur vision du système agricole et alimentaire qu’ils souhaitent encourager :
➡️ et la manière d’y parvenir, en les interrogeant sur quelques propositions parmi celles faites ci-dessous.
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🔎 RESSOURCES Pour trouver des informations adaptées à votre territoire, vous pouvez utiliser : ✅ Le Calculateur de Résilience Alimentaire des Territoires (CRATer) de l’association Greniers d’Abondance, qui permet d’obtenir des données sur le contexte agricole de son territoire (adéquation entre production et besoin, pratiques agricoles, politique foncière et population agricole) ; ✅ L’outil PARCEL de la FNAB, de Terre de Liens et du BASIC ; ✅ La carte des luttes contre les grands projets inutiles. ✅ La carte des acteurs de l’accompagnement à l’installation paysanne de Passerelles Paysannes. |
À travers plusieurs actions complémentaires :
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🗒️ À NOTER
En parlant de politique agricole française, on évoque forcément la PAC (politique agricole commune) de l’Union Européenne, qui la conditionne étroitement, et dont la dernière réforme en décembre 2021 a une nouvelle fois échoué à réorienter l’agriculture européenne en soutenant la transition agroécologique et le renouvellement des générations.
👉 Les député·es n’ont pas de moyens directs pour faire évoluer cette politique, sauf à faire entendre leur voix sur l’évolution de ce document de programmation en interpellant le gouvernement sur les ajustements et révisions de la PAC à travers des questions au gouvernement, rapports d’initiative, débats avec ou sans vote. Plusieurs fenêtres de révision auront lieu pendant le prochain mandat.
Selon le premier rapport de Terre de Liens sur l’état des terres agricoles en France, publié en février 2022, plus de 5 millions d’hectares soit près de 20 % de la surface agricole française vont changer de mains d’ici 2030 et ainsi orienter durablement le modèle agricole français.
👉 Ces millions d’hectares bientôt libérés représentent une opportunité unique de réorienter notre modèle agricole, en assurant la préservation des terres, l’orientation prioritaire des usages vers une production alimentaire locale et écologique, et une gouvernance transparente et démocratique des sols agricoles.
👉 Le métier de paysan est un métier d’avenir ! Il est donc aussi nécessaire de prendre des mesures fortes pour accompagner l’installation de nouveaux et nouvelles agricultrices, spécifiquement porteuses de projets en agriculture biologique. Actuellement, le taux de renouvellement est insuffisant pour que les nouvelles générations d’agriculteurs prennent la relève dans le secteur.
Le prochain quinquennat doit ainsi être l’occasion d’adopter une grande loi ambitieuse sur les terres agricoles permettant de s’emparer du sujet foncier dans sa globalité, ce que tous les acteurs du monde agricole et de la société civile demandent depuis des années et qui n’a encore pas abouti.
Pour ré-orienter notre agriculture, il faut s’assurer que les porteurs et porteuses de projet s’orientent, se forment et travaillent dans des conditions viables et vivables, quelle que soit leur origine sociale et géographique. Les nouvelles générations de candidat·es à l’installation sont globalement plus diplômées, en reconversion professionnelle et plus âgées. Aussi les accompagnements techniques, humains et les formations complètes doivent être accessibles pour tous et pour toutes, de l’émergence de vocations, jusqu’à l’installation effective.
Les citoyens et citoyennes sont aujourd’hui trop exclues des politiques agricoles alors même que le secteur agricole est en proie à d’immenses défis (dérèglement climatique, chute de la biodiversité, renouvellement des générations). Il est nécessaire de transformer la gouvernance des instances agricoles pour les rendre plus transparentes et démocratiques. Les orientations en matière agricole concernent chacun·e d’entre nous. Davantage de pluralité et d’ouverture vers l’ensemble des acteurs agricoles, la société civile et les citoyens, permettraient à ces instances d’être de réels lieux d’échange et de construction collective de politique agricole alimentaire locale, écologique et résiliente.
Selon les derniers chiffres de 2020, seules 9,5% des surfaces agricoles étaient en bio, alors qu’elles devront représenter 32% en 2030, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40%.
Les modes de consommation vertueux, qui font vivre ces alternatives, sont loin d’être accessibles à tous et toutes. En 2020 environ 7 millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire.
Ces dernières années, plusieurs lois ont traité de la qualité de notre alimentation et de son accessibilité – notamment la loi Egalim de 2018 et la loi Climat et Résilience de 2021.
👉 Elles ont permis des avancées, notamment dans la restauration collective : objectif fixé de 50% de produits durables et de qualité dont 20% de bio d’ici 2022, expérimentation puis pérennisation d’un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires, et option végétarienne quotidienne rendue obligatoire dans toutes les institutions gérées par l’Etat en 2023.
Toutefois les moyens à disposition de la réalisation de ces objectifs sont insuffisants, et les ambitions elles-mêmes devraient être rehaussées. Sur les 50% de produits durables par exemple, les premières estimations pour la période varient entre 25 et 30% de produits durables et de qualité pour la restauration scolaire publique, mais moins de 5% pour la restauration hospitalière ou la restauration scolaire privée. En ce qui concerne le menu végétarien dans les cantines, les résultats sont mitigés dans le secondaire : tous les établissements scolaires ne proposent pas encore encore le menu végétarien hebdomadaire (en 2020, seuls 41% des collèges et 48% des lycées le proposaient). Cela a sans doute évolué positivement depuis la loi Climat votée en 2021, mais cela reste forcément en deçà des enjeux de durabilité actuels.
Les député·es ont ici leur rôle à jouer, lors des votes de Projets de Loi de Finance annuels, ou d’autres projets ou propositions de loi amenés, pour faire passer des dispositions plus ambitieuses, notamment pour plus de bio, équitable et végétarien dans la restauration collective.
D’autre part, plusieurs associations portent depuis plusieurs années le projet d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation, qui permettrait d’apporter une réponse conjointe et simultanée aux enjeux de résilience alimentaire, de trop faible rémunération des agriculteurs, de la transition de nos modes de production agricole, aux écueils d’une aide alimentaire de mauvaise qualité imposée aux plus démunis, et plus généralement au fait que le droit à l’alimentation n’est pas effectif en France aujourd’hui.
👉 Ce projet mérite d’être connu des futures député·es de l’Assemblée Nationale qui pourraient contribuer à changer la vie de millions des personnes précaires, et réorienter rapidement les pratiques du système agricole.
➡️ Sur le modèle du système de santé, la Sécurité Sociale de l’Alimentation donnerait accès à des produits conventionnés pour un montant de 150 €/mois et par personne.
Le conventionnement reposerait principalement sur des caisses primaires gérées démocratiquement au niveau local, et articulées avec une instance nationale composée de membres représentants de ces caisses, l’ensemble de ces caisses représentant un budget de 120 milliards d’euros mobilisable via des cotisations sociales (10% des revenus des salariés et travailleurs indépendants).
Cela signifierait introduire :
➡️ deux menus végétariens chaque semaine et/ou une option végétarienne quotidienne ;
➡️ 60 % de produits durables, de proximité et de qualité dont 40 % de produits issus de l’agriculture biologique et/ou du commerce équitable ;
➡️ un plan d’actions et des moyens financiers et logistiques adaptés pour mettre en œuvre la mesure précédente ;
➡️ une tarification sociale dans toutes les cantines scolaires ;
➡️ des formations et des actions de sensibilisation sur la préparation des menus et l’élaboration de plats frais et végétariens, à destination des personnels de cuisine et de service ;
➡️ et prévoir des temps d’échanges entre tous les acteurs (les parents d’élèves, le personnel de cantine, les agriculteurs, les enfants, l’équipe pédagogique) pour aborder les menus et la production proposée, voire mettre en place un système de codécision à ce sujet.
“Il n’est pas possible de nourrir la France en agro-écologie…”
👉 On entend régulièrement des doutes sur la capacité de la France à nourrir toute sa population en bio. Il est vrai qu’à régime égal, la France aurait besoin de 45 millions d’hectares pour nourrir sa population.
Cependant, selon le simulateur Parcel, si nous diminuons de 25% notre consommation de produits d’origine animale, la surface agricole de la France est suffisante pour assurer notre autonomie alimentaire. Et si nous réduisions de moitié notre consommation de produits animaux, il nous resterait un tiers de surfaces agricoles à affecter à d’autres usages comme la vigne, la production de matériaux et d’énergie, ou encore des productions destinées à l’exportation ou le réensauvagement.
À l’échelle européenne, le scénario Ten Years For Agroecology in Europe montre quant à lui qu’une agriculture sans intrants de synthèse permettrait de nourrir la population européenne en 2050. Ce scénario repose sur une optimisation et une réorientation des surfaces agricoles. La baisse de la consommation de produits d’origine animale permettrait d’assumer la baisse des rendements due à la généralisation de l’agriculture biologique et une augmentation des surfaces affectées à la production de protéines végétales.
“… et cela même suite au déclenchement de la guerre en Ukraine”
👉 30 organisations ont ainsi dénoncé l’instrumentalisation de la situation par les tenants de l’agriculture industrielle, et proposent des alternatives.
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Ont participé à la rédaction de cette fiche : Alternatiba, les Amis de la Terre, Artisans du Monde, Bioconsom’acteurs, Greenpeace, le Réseau Action Climat, le Mouvement Inter-régional des AMAP, Terre de Liens.
Lettre pour interpeller les futur‧e‧s député‧e‧s sur les enjeux environnementaux
Email au député sortant et à la candidate NUPES.
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Interpellation des candidats sur les enjeux d'artificialisation des terres, sur nos modèles d'agriculture locaux, sur l'autonomie alimentaire et la démocratie des décisions relatives aux plans locaux. Nous agissons au titre de nos engagements avec Terre de Liens
Nous contacter pour participer à une mobilisation collective pour défendre les valeurs de Terre de Liens.
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